NAVIGATION
...
...

Partagez | 
 

 Renaissance

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Messages : 456
Points d'XP : 135

Personnage
Culte: Juge
Rang: Fambulicier
Résumé:
avatar
MJ
MJ
RENAISSANCE

Nous avons dû laisser notre moyen de transport sur les pentes cendreuses de Severac-le-château. Personne ne le volera. Les fantômes sont de mauvais conducteurs.
Cela fait presque six heures que nous marchons. Tels des briseurs de glace, nous nous frayons un chemin à travers les cendres. Devant nous, une chaine de montagnes noircies émaillées et craquelées par la chaleur et la simple pression. Dur et tordu comme de la lave en fusion, le sol est encore chaud au toucher. Sa surface noueuse est couverte d’irruptions solidifiées, leurs bords tranchants qui saillent comme des amas de ronces. Nous devons être prudents. Lomark a déjà troué la semelle de sa botte.
Nous devons être à proximité du Massif Central, près de Verrières. [...]
Je n'arrive pas à situer cette chaine de montagnes devant nous. Deux vallées sont censées se rejoindre ici. Nous devons nous rapprocher. Impressionnant. Nous voyons le bord du cratère maintenant. Le sol… Non, tout ce satané pays a été transformé. Comme les ondes d’un caillou jeté dans l’eau, des cercles concentriques de roche s’étendent à partir du point d’impact. Pas très haut mais juste assez pour former une jolie chaine avec les monts du Massif Central alentours. L’ancien qui se mêle au récent.
Lomark pense qu’il a vu une guêpe. C’est insensé. Il n’y a pas l’ombre d’un reliquat du passé ici. Il insiste et je lui dis que c'est un imbécile
La nuit tombe.
Nous rampons dans nos tubes de plastique et dormons.
Lomark dit qu’il est réveillé depuis des heures et qu’il a trouvé plus de guêpes. Il m’en présente des morceaux poussiéreux. J’en ai assez. Je me casse. Il se précipite après moi.
Nous grimpons tant bien que mal les pentes, chaque pas laissant des avalanches de débris dans notre sillage. Je dois être exténué. Je continue de voir des mandalas qui se forment dans les décombres avant que Lomark ne les dérange et les efface sous ses pieds. Je fais un vague signe de tête en direction de Lomark, il me répond. Il va bien. Tout va bien.
Près du sommet, je continue de me couler entre les galeries de cendre.
Le vent me frappe et je trébuche.
Les tourbillons de cendre réduisent ma vue à quelques mètres.
Je dégringole sur la pente. Je commence à glisser et lutter. L’espace d’un instant, la saleté m’engloutit. Les ténèbres m’entourent mais je m’en extirpe et m’agrippe à la corniche. Je m’efforce de tenir bon. Autour de moi, tout craque et bruit. Je tousse et crache, frotte la poussière de mes goggles et regarde derrière. Le rebord du cratère est à plus de dix mètres au-dessus de la pente.
Je peux le faire.
J’y suis.
Des volutes de poussière et de cendres volent par-dessus les bords du cratère, comme une sordide aurore boréale.
J’avance vers l’intérieur. Un bol concave géant qui s’étend au loin. Je reconnais l’une des montagnes au centre et… je regarde plus attentivement. Je laisse le temps à mes yeux d’accommoder. Les structures prennent forme. Des cercles avec des dents, des triangles, tous entrelacés et placés les uns à côté des autres. Ca me fait penser à des particules de métal sur un morceau de papier avec un aimant placé en-dessous. Ce n’est pas ca. Plutôt comme… de la poussière qui saute sur une peau de tambour. Mais ca n’explique pas les dents.
J’entends Lomark qui reprend son souffle près de moi. « Tu vois ca ? ». Je l’ignore. « La fumée ? ». Il pointe son doigt plus bas sur la pente. C’est vrai. Il y a une volute de fumée noire dans l’air. Je me laisse tomber sur un genou, glisse un peu en contrebas et m’approche de plus près.
Un ether noir et fin. Je passe une main au travers, et il disparait comme s’il avait été neutralisé par une réaction chimique avec mon gant.
Je ratisse la poussiere et dégage une pierre d’un noir de jais grosse comme un poing. Elle se mélange à la fumée dans ma main, exsudant une matière huileuse. Je touche la surface de la pierre, teste son élasticité. Ce n’est pas chaud. Un insecte s’en extirpe. Je crie et grimace alors qu’il rampe en zigzaguant et s’en retourne vibrant dans le sol. Il est parti. L’entrée de son trou s’effondre derrière lui. Je sens la respiration de Lomark près de mon oreille. Il murmure « guêpe ».
J’enlève mon gant. Je veux sentir cette pierre noire. De nouveau je passe la main à travers la fumée et de nouveau elle disparaît. Je baisse les yeux sur ma main et l’inspecte sous tous les angles.
Il y a une trace noire sur mes doigts mais elle semble se dissiper.
Non. Plutôt s’infiltrer. Je frotte ma main rageusement, la secoue, serre le poing. Maintenant l’adrénaline vibre dans mes veines. Mon cœur s’emballe. Ma respiration devient courte. Un bref moment de panique et je me dépêche de remettre mon gant.
« Prends des photos » j’ordonne à Lomark tandis que je fais glisser un peu de cette substance noire dans une bouteille d’échantillonnage. Elle se liquéfie d’abord et je ferme le bouchon avant qu’elle ne s’évapore. Du coin de l’œil, je vois des points noirs détaler sur le sol près de mes pieds. Certains s’envolent contre le vent. Dans quoi nous sommes nous fourrés ?
Quelque part, tout est lié.
Je balance la bouteille.


Extrait de "Primal Punk - Degenesis Rebirth"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.d3genesis.com
 
Renaissance
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
D3GENESIS :: HOMO D3GENESIS :: Chroniques-